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Croire sur parole pièces

Troisième partie : les objections écartées (C) · Récits, droit, théologie, médecine prophétique

Cote 66/81

3. Mission de rappel contre ordre de combat

Les textes.

Coran 88:21-22, sur la fonction du Prophète : فَذَكِّرْ إِنَّمَآ أَنتَ مُذَكِّر لَّسْتَ عَلَيْهِم بِمُصَيْطِر (« Rappelle donc : tu n’es qu’un rappeleur ; tu n’es pas, sur eux, un dominateur »).

S’y ajoutent 10:99, « est-ce donc toi qui contraindrais les gens jusqu’à ce qu’ils soient croyants ? », et 109:6, « à vous votre religion, et à moi ma religion » : la charge y lit l’exclusion de toute contrainte en religion.

En face, Bukhārī 25, ṣaḥīḥ : أُمِرْتُ أَنْ أُقَاتِلَ النَّاسَ حَتَّى يَشْهَدُوا أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ (« J’ai reçu l’ordre de combattre les gens jusqu’à ce qu’ils témoignent qu’il n’y a de divinité qu’Allah »), et 9:29, sur le combat contre les gens du Livre jusqu’au versement de la jizya.

La charge.

La mission de rappel exclut la domination, quand l’ordre de combattre vise la shahāda. Une partie de l’exégèse classique l’a dénouée par l’abrogation : al-Qurṭubī déclare 88:22 abrogé par le verset du sabre, ثم نسختها آية السيف « puis le verset du sabre l’a abrogé », et Abū Ḥayyān tient 109:6 pour une parole de trêve abrogée de même. Le naskh porte alors sur des énoncés descriptifs, quand la règle des uṣūl le réserve aux injonctions : c’est le point à charge le plus fort, et il est réel.

La défense de la tradition.

La version la plus forte de la défense est la voie harmonisante, majoritaire aujourd’hui. 88:22 et 10:99 nient le pouvoir de produire la foi intérieure, ce que la coercition ne prétend pas davantage accomplir, et le corpus distingue lui-même islam extérieur et īmān intérieur (49:14 : « vous n’avez pas cru ; mais dites : nous nous sommes soumis »). Le « al-nās » (« les gens ») de Bukhārī 25 est spécifié par un fondement textuel indépendant, 9:29, et 109:6 est un désaveu du culte des mécréants selon le ẓāhir reçu, non un pacte de coexistence abrogeable.

Cette voie n’est pas une commodité tardive : al-Qurṭubī, qui rapporte aussi l’abrogation de 109:6, enregistre au même endroit l’avis contraire, وقيل : ما نسخ منها شيء لأنها خبر « et il est dit : rien de la sourate n’a été abrogé, parce que c’est un énoncé de fait ». L’objection tirée des uṣūl appartient donc à la tradition avant d’être retournée contre elle.

Le verdict.

Objection écartée. Ce qui se juge ici est étroit : deux énoncés sur ce que le Prophète peut faire des cœurs, que l’ordre de combattre ne contredit pas. La licéité de la contrainte elle-même est une autre question, instruite au dossier de la contrainte en religion contre le verset du sabre, qui se conclut sur une tension non résolue.

Ce qui renverserait ce verdict : l’établissement que la voie harmonisante n’est pas la position majoritaire et que la seule défense disponible est l’abrogation de 88:22 et 109:6 par le verset du sabre : le verdict serait alors B.

Objection écartée.Défense : distinction conceptuelle.

Les pièces du dossier · 8