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Croire sur parole pièces

Troisième partie : les objections écartées (C) · Récits, droit, théologie, médecine prophétique

Cote 74/81

11. La fièvre du souffle de la Géhenne

Les textes.

Bukhārī 3264, ṣaḥīḥ, parallèle Muslim 2209 : الْحُمَّى مِنْ فَيْحِ جَهَنَّمَ فَأَبْرِدُوهَا بِالْمَاءِ (« la fièvre provient du souffle de la Géhenne : refroidissez-la donc avec de l’eau »).

La charge.

Cet énoncé est lu au sens réel par ses commentateurs. Ibn Ḥajar, dans le Fatḥ al-Bārī, tient cette lecture pour la meilleure ; al-Nawawī tire du hadith, dans son Sharḥ Ṣaḥīḥ Muslim, la preuve que la Géhenne est créée et existe dès à présent. En face, un fait établi : la fièvre est une réponse physiologique complète, sans reste causal inexpliqué.

La défense de la tradition.

La lecture de comparaison (tashbīh : la fièvre est comme un souffle de l’Enfer par son intensité), que rapporte le même Ibn Ḥajar, existe dans la tradition avant tout problème scientifique, ce qui la distingue d’une parade forgée après coup. Enfin la partie prescriptive, refroidir à l’eau, est symptomatiquement valide.

Le verdict.

Objection écartée. L’étiologie infernale, prise au sens réel, est une cause métaphysique en surplomb du mécanisme physiologique ; relevant du ghayb, elle n’est pas falsifiable par l’expérience. Or l’article 2 de la charte ne tient pour contradiction que l’insatisfiabilité logique ou l’incompatibilité avec un fait établi, et l’énoncé ainsi lu ne relève ni de l’une ni de l’autre. L’entrée vaut surtout pour une question transversale au livre, celle du statut des énoncés empiriques prophétiques : la tradition choisit la lecture réaliste tant qu’aucun coût ne l’en dissuade.

Ce qui renverserait ce verdict : l’établissement que la tradition tient l’étiologie infernale pour une cause concurrente du mécanisme physiologique et non pour une cause en surplomb : l’énoncé rejoindrait le domaine testable, comme au dossier des fleuves du Paradis.

Objection écartée.Défense : renvoi à l’invérifiable.

Les pièces du dossier · 2